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La gazette d'Aliahova : actualité de Michel Henry

Actualité concernant le philosophe Michel Henry (bibliographie, informations)

LA GAZETTE D’ALIAHOVA « En tout, henryen! » n. 96, juillet-août 2018

 

Ouvrages en langue étrangère  consacrés, en tout ou partie, à Michel Henry                      

 

 

Radu Motoca : Sentire la vita. Fenomenologia e religione in Michel Henry, Roma : Stamen, 2018

 

 

 

 

Articles et contributions en langue étrangère consacrés, en tout ou partie, à Michel Henry

 

- Andreas Gonçalves : God’s Presence within Henry’s Phenomenology of Life: The Phenomenological Revelation of God in Opposition to Plantinga’s Affirmation of God’s Existence (Religions, n.9, 6, 2018)

 

- Ateliê de Desenho de Livre-expressão com Crianças Acolhidas: Reflexões a Partir da Fenomenologia da Vida ;  Free Expression Painting Studio with Sheltered Children :

Reflections on the Phenomenology of Life (https://www.revistas.usp.br/rce/article/view/146166/139834

 

 

 

 

 

 

 

Revue :

 

Jahrbuch für Religionsphilosophie, n. 16, 2017

Dieser Band ist dem Dialog mit den Religionen in der Lebensphänomenologie Michel Henrys gewidmet. Diese bietet vielfältige Perspektiven zu einer erneuerten Auffassung der Religionen, insofern der Kern der religiösen Erfahrung radikal phänomenologisch aus den Gegebenheiten der pathischen Ur- Erfahrung eines jeden individuierten Wesens heraus verstanden werden kann. Als gleichursprüngliches Ethos sprengt eine solche Aufweisung die rein theo-logische Intelligibilität einer Offenbarungs- bzw. Heilsgeschichte und weist dadurch auf Aspekte hin, die ebenfalls dem Kern anderer - das heißt nicht ausschließlich monotheistischer - Religionen entsprechen. Neben dem Christentum und Islam werden asiatische Religionen sowie die mystische Tradition miteinbezogen.


Mit Beiträgen von Michel Henry (†), Sebastian Knöpker, Rolf Kühn, Joseph Rivera, Frédéric Seyler, Micaela Szeftel und Roland Vaschalde.

 

 

Radio et vidéo :

 

Ramón Eduardo Ruiz Pesce : Michel Henry : Metafísica de la Vida. La cultura o la barbarie (https://www.youtube.com/watch?v=4orL-O57u-k)

 

 

 

Souvenirs:

 

 

9) Le philosophe et l’officier

                         

 

Ce jour-là, avec amusement, Michel Henry, que ses camarades de maquis surnommaient « Kant » parce qu’il transportait partout un exemplaire de La critique de la raison pure dans son paquetage, se laisse aller à évoquer un épisode étonnant de la période où il était membre d’un réseau de résistants opérant dans les monts du Jura. Sur un quai de gare, une patrouille allemande, impossible à éviter, organise un contrôle des voyageurs. L’officier commandant l’opération fouille le sac du jeune homme et y découvre un livre de philosophie…en langue allemande. Il s’étonne, s’intrigue, interroge.  Michel Henry lui explique la haute estime en laquelle il tient la pensée allemande, qu’il étudie avec passion, et son rôle décisif dans l’histoire de la pensée européenne. L’interrogatoire se change en discussion culturelle et l’officier libère ensuite le jeune philosophe dont la vie a peut-être été sauvée par la seule présence d’un livre de philosophie sans lequel bien des textes essentiels de ce temps n’auraient jamais pu voir le jour.

 

à suivre…

 

 

 

 

 

 

Colloques, cours et rencontres :

 

 

 

  • Université catholique de Louvain : Le Fonds Michel Henry (UCL) organise un colloque international, les 24 et 25 octobre 2018, consacré au concept phénoménologique de « monde ». Profitant du renouvellement des études henryennes, il est aujourd’hui important de faire le point sur le dit « hypertranscendantalisme » de Michel Henry, en partant de sa critique du monde et des réactions qu’elle a elle-même suscitées. Dans ce cadre, il s’agirait de réinscrire ce débat dans l’ensemble de la tradition phénoménologique, pour réinterroger la notion de « monde » à l’aune de cette critique.

Le début du XXème siècle voit fleurir diverses critiques de la rationalisation scientifique et technique du monde. Parmi celles-ci, se trouve celle de l’entreprise phénoménologique husserlienne dans la Crise des sciences européennes. Husserl y déplore la construction galiléenne d’un « monde objectif » occultant ce monde-de-la-vie « qui s’éprouve effectivement ». Le monde étant séparé de l’épreuve dont il est indissociable, il ne reste plus de lui que cet en-soi fantomatique qui se déploie selon ses propres lois. Un monde qui, dans son indifférence à la vie subjective qui l’habite, est devenu, selon Husserl, insensé. Toute la tradition phénoménologique prolonge et renouvelle cette critique du monde objectif. Mais ne risque-t-on pas alors de rejeter le monde avec son objectivité ? Ou la phénoménologie ne se risque-t-elle pas à en faire de nouveau l’épreuve pourle faire réapparaître au-delà ou en deçà de toute objectivation ?

Or les nouvelles descriptions phénoménologiques du monde permises par cette critique, ne sont pas sans implications pour le monde lui-même, qu’elles soient éthiques, socio-économiques, politiques ou esthétiques. Cette interrogation ouvre alors différents champs de réflexion.

Descriptions phénoménologiques

Le concept de « monde » constitue un enjeu crucial dans le débat qui oppose les deux grands courants de la phénoménologie, intentionnelle et non-intentionnelle.

Du point de vue de la seule œuvre husserlienne, la critique de l’objectivité du monde ne la maintient-elle pas en partie ? Pour n’être plus objectif au sens d’indépendant, le monde ne reste-t-il pas « objet » de la conscience, tenu à la distance théorique de l’intentionnalité constituante ? Or, comme le laissent déjà présager certains textes de Husserl, l’objectivité de l’objet n’épuise pas réellement l’apparaître du monde, le comment originaire de sa manifestation. Il s’agit donc de repenser l’épreuve du monde au-delà ou en deçà de toute objectivité. Ce questionnement s’ouvre alors à toute la tradition phénoménologique husserlienne et post-husserlienne, dessinant différents thèmes d’investigation :

Monde - Horizon - imagination 

Le monde se fait-il l’objet d’une saisie, ou l’horizon infini de toute expérience ? Cet horizon résulte-t-il d’une synthèse de nos expériences individuelles d’objets intramondains, ou les précède-t-il (Husserl, Heidegger, Merleau-Ponty) ? Peut-il être reconduit à une création de l’imagination (Kant, Heidegger, Henry), ou précède-t-il toute création comme toute position ?

Monde - antécédence - subjectivité 

Le monde est-il l’objet d’une constitution, ou la condition de toute subjectivation ? Cette antécédence doit-elle être pensée sur le mode d’une appartenance corporelle et dynamique (Patočka, Merleau-Ponty, Barbaras), comme mouvement individualisant (Fink), ou encore comme l’antécédence de la terre qui supporte et précède toujours son intériorisation (Levinas) ?

Monde -  intériorité - événementialité

Le monde est-il « intérieur », au sens d’inhérent à la structure même de l’être-au-monde (Heidegger) ? Peut-il alors être repensé comme relatif à un projet-de-monde déterminé, configuré et bouleversé par les événements qui nous adviennent (Binswanger, Romano) ? Ou l’intériorité du monde se laisse-t-elle penser comme intériorité au monde, en termes d’appartenance ? Comme « chair » de laquelle nous participons (Merleau-Ponty), « demeure » ou « alimentation » (Levinas) ?

Monde - vie – sensibilité - affectivité 

Comment penser ensemble, le « monde » et la « vie » (Henry, Barbaras) ? Le monde est-il voué à apparaître sur le mode d’une objectivité inerte et désaffectée, occultant l’intériorité pathétique de la vie ? Ou ne peut-il être repensé depuis elle, comme ce monde sensible ou pathétique, de part en part transi d’affectivité, ne s’éprouvant qu’en et depuis la vie ?

Monde - intersubjectivité - altérité

Le monde social et intersubjectif résulte-t-il d’actes empathiques de l’ego (Husserl, Fink, Stein) ? Ou précède-t-il toute existence individuelle (Husserl, Fink, Scheler, Heidegger, Merleau-Ponty) ? Ainsi tissé d’un même flux intercorporel, est-ce à dire que le monde social n’admet pas d’altérité, l’altérité n’apparaissant jamais qu’en dehors du monde (Levinas) ? Ou l’altérité est-elle l’un des modes de son apparaître ?

Enjeux éthiques

La critique phénoménologique du monde objectif de la science et de la technique a comme enjeu éminemment éthique, la possibilité de sa ré-humanisation.Kierkegaard ne disait-il pas déjà de la frénésie d’objectivité qu’elle est une folie de l’inhumanité ? Si diverses pensées phénoménologiques semblent s’accorder sur ce diagnostic, elles n’en divergent pas moins quant aux solutions prescrites. Comment ré-humaniser un monde aujourd’hui largement façonné par les lois objectives d’une technoscience autorégulatrice ? D’où le monde pourrait-il tenir un salut ? Est-ce par le renouvellement de sa rationalité, à condition d’être réinvesti d’une rationalité théorétique originaire, objet d’une connaissance universelle ou d’une rationalité pratique inhérente à sa perception axiologique ? Ou est-ce par un retour à l’affectivité, support et condition même de l’éthique ? Le monde peut-il redevenir un monde-de-valeurs s’il est incessamment reconduit au lieu assumé d’une épreuve affective ? Cette épreuve affective se laisse-t-elle penser comme saisie axiologique de valeurs idéales ? Depuis l’épreuve religieuse que le vivant fait de la Vie absolue ? Ou encore, comme l’épreuve de notre responsabilité face à l’altérité ?

Enjeux socio-économiques et politiques

L’enjeu éthique de cette critique devient sociétal dès lors que le monde objectif devient le monde économique de la vie. L’objectivité du monde social et économique ne s’atteint qu’au prix d’une autre forme d’« aliénation ». Le monde, ainsi régulé par des lois économiques objectives, ne se sépare pas seulement de l’épreuve sensible indissociable de sa perception, mais de l’activité humaine, indissociable de sa production. Et le travail ou l’activité humaine se trouvent arrachés à leur tour à leurs dimensions subjectives et affectives. Se pose donc la question de savoir si l’objectivité du monde relève de son mode essentiel de manifestation ou si elle ne résulte pas plutôt de révolutions historiques successives : scientifique, économique, industrielle et informatique. Comment dès lors repenser le monde socio-économique en deçà de l’apparente objectivité de ses lois ? Comment réinvestir le monde de l’activité subjective et vivante dont il n’est à l’origine que le déploiement ?

Ce questionnement s’adresse tout autant aux lectures phénoménologiques de théories politiques, sociologiques et économiques, qu’aux lectures politiques ou sociologiques de théories phénoménologiques.

Enjeux esthétiques

« Un monde par essence esthétique, écrit Michel Henry, va cesser d’obéir à des lois esthétiques, telle est la barbarie de la science ». N’est-ce pas dès lors l’art lui-même qui peut rendre au monde sa dimension pathétique, sa part d’épreuve constitutive ? Le motif phénoménologique de la fonction salvatrice de l’art face au monde de la technique, peut-il être envisagé du point de vue d’une réhabilitation ou d’une révélation d’un monde esthétique ? Comme dévoilement poétique ? Comme expression du sentir corporel ? Ou encore, comme expression, dans le monde, de toutes les nuances émotionnelles de la vie ?

Modalités pratiques d’organisation

Le colloque est ouvert à toutes les personnes travaillant en phénoménologie et souhaitant proposer une réflexion historique ou problématique sur l’approche phénoménologique du monde ainsi que sur ses enjeux éthiques, socio-économiques, politiques et esthétiques. Sera bienvenue, toute proposition de communication proposant une réflexion sur le monde susceptible de s’inscrire dans l’un des différents axes problématiques dégagés par l’argumentaire.

Le colloque est organisé autour de conférences plénières et d’interventions réparties en sections thématiques.

Toute personne désirant proposer une contribution peut soumettre un résumé de la communication (15 à 20 lignes), à l’adresse suivante fonds-michelhenry@uclouvain.be.

La date limite de soumission est fixée au 1er avril 2018.

Chaque proposition fera l’objet d’un accusé de réception et la décision d’acceptation du comité organisateur parviendra à l’intéressé(e) au plus tard le 20 avril 2018.

Les frais de déplacement et de séjour sont à charge des personnes proposant une contribution (des informations sur les possibilités d’hébergement seront communiquées sur demande).

Un certificat de participation sera délivré à quiconque en fera la demande, la contribution pouvant être comptabilisée dans le cadre de la formation doctorale, selon les normes particulières en vigueur.

Les travaux du colloque seront publiés.

Comité organisateur

JEAN LECLERCQ, Professeur, Fonds Michel Henry, Institut supérieur de philosophie, Université catholique de Louvain

PAULA LORELLE, Chargée de recherche FNRS, Fonds Michel Henry, Institut supérieur de philosophie, Université catholique de Louvain

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie henryenne et publications personnelles (ouvrages) :

 

Je continue de mettre à jour une bibliographie de et sur Michel Henry, commencée il y a plus de vingt ans. Si vous souhaitez la recevoir, n’hésitez pas à me la demander et je vous l’enverrai aussitôt.

 

Philosophie :

 

À l’Orient de Michel Henry, Paris : Éd. Orizons, 2014

 

Épreuve de soi et vérité du monde : depuis Michel Henry, Paris : Éd. Orizons, 2016

 

 

Autres textes :

 

Roland Vaschalde (textes) / Pierre Rivas (photos): Signes d’étangs, Éd. de la Fenestrelle, 2015

 

Roland Vaschalde (textes) / Pierre Rivas (photos): Chaos: Nîmes-le-Vieux, Éd. de la Fenestrelle, 2017

 

L’art de Joëlle Buisson : encres, peintures, haïkus, Éd. de la Fenestrelle, 2017

Roland Vaschalde (textes) / Pierre Rivas (photos): Les Jardins aux reflets de Nîmes, Ed. de la Fenestrelle, 2017

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